Financement
Cession Dailly : financer ses créances autrement que par l'affacturage
Publié le 28 juillet 2026
La cession Dailly est l'un des mécanismes de financement des créances les plus anciens et les plus souples du droit bancaire français. Encadrée par la loi du 2 janvier 1981 dite loi Dailly, elle permet à une entreprise de céder ou nantir ses créances professionnelles auprès d'un établissement de crédit pour obtenir une avance de trésorerie immédiate. Pour un dirigeant de PME ou d'ETI, c'est une alternative concrète à l'affacturage lorsqu'il s'agit de mobiliser un poste clients sans externaliser toute la gestion du recouvrement.
Le mécanisme de la cession Dailly
Le principe repose sur la transmission de créances via un document normalisé : le bordereau Dailly. L'entreprise cédante remet à sa banque un bordereau récapitulant les créances qu'elle détient sur ses clients (le plus souvent des factures émises et non encore échues). En contrepartie, la banque consent une avance, généralement sous la forme d'un crédit de trésorerie garanti par ces créances.
Juridiquement, la remise du bordereau opère un transfert de propriété des créances au profit de l'établissement de crédit, à la date qui y est portée. Ce transfert est opposable aux tiers sans autre formalité, ce qui distingue la Dailly d'une simple délégation. La banque peut choisir de notifier la cession au débiteur cédé — qui devra alors régler directement l'établissement — ou de la laisser non notifiée, l'entreprise continuant à encaisser les paiements pour le compte de la banque.
Deux modalités coexistent : la cession à titre d'escompte, où la banque avance le montant des créances, et le nantissement, où les créances servent uniquement de garantie à une ligne de crédit. Dans les deux cas, le poste clients devient un levier de financement du besoin en fonds de roulement.
Cession Dailly ou affacturage : quelles différences ?
Les deux outils mobilisent le poste clients, mais leur logique diffère. L'affacturage repose sur un contrat global avec un factor qui rachète l'ensemble des créances, prend souvent en charge le recouvrement et, selon les contrats, l'assurance-crédit. La cession Dailly, elle, reste une opération bancaire ponctuelle et sélective : vous cédez les créances de votre choix, quand vous en avez besoin.
Cette souplesse a une contrepartie. La cession Dailly non notifiée laisse le risque de recouvrement à la charge de l'entreprise, et la banque conserve un recours contre le cédant en cas d'impayé du débiteur. Il n'y a pas, sauf clause spécifique, de garantie contre l'insolvabilité du client comparable à celle qu'offre un contrat d'affacturage avec assurance. La Dailly reste donc un financement adossé à des créances, non un transfert de risque.
En termes de coût, la cession Dailly s'apparente à un crédit court terme classique : intérêts sur les sommes avancées, commission de mouvement, éventuels frais de traitement des bordereaux. La structure est souvent plus lisible que la tarification d'un contrat d'affacturage, qui cumule commission d'affacturage et commission de financement.
Quand privilégier la cession Dailly
La Dailly trouve tout son intérêt pour les entreprises dont le poste clients est concentré sur quelques débiteurs solides, notamment des grands comptes ou des acteurs publics. Le marché public constitue d'ailleurs un terrain classique : céder les créances détenues sur une administration offre à la banque une garantie de qualité, ce qui facilite l'octroi de l'avance.
Elle convient également aux besoins ponctuels ou saisonniers, lorsqu'un pic d'activité crée un décalage temporaire de trésorerie sans justifier la mise en place d'un contrat d'affacturage pérenne. Dans une démarche plus globale d'optimisation du BFR, la cession Dailly s'intègre comme un levier parmi d'autres, à activer en fonction de la structure du poste clients et du coût comparé des lignes disponibles.
L'intégration de la Dailly dans le plan de financement doit rester cohérente avec l'ensemble des engagements bancaires. Une mobilisation systématique du poste clients peut peser sur les ratios de liquidité et sur la lecture qu'en font les partenaires financiers. Il est donc utile de raisonner à l'échelle de l'équilibre global du bilan plutôt que d'empiler les outils de court terme.
En résumé
La cession Dailly demeure un outil de financement des créances discret mais efficace, à mi-chemin entre le crédit court terme et l'affacturage. Sa souplesse d'usage et sa lisibilité tarifaire en font une solution pertinente pour lisser la trésorerie sans renoncer à la maîtrise de sa relation client. Comme tout arbitrage de financement, son intérêt dépend de votre structure de poste clients et de vos alternatives. Pour en discuter dans le contexte de votre entreprise, l'équipe de Flexilia propose un rendez-vous découverte offert.